Aller à la recherche d'un territoire inconnu, pour l'explorer, pour écouter son environnement, pour essayer de se l'approprier et pour enregistrer.

Le Field-recording est une pratique que j'emploie régulièrement dans ma recherche artistique. Mes dérives m'amène dans des espaces pour la plupart désertiques.

A travers les filtres des microphones, j'enregistre les évènements et les vibrations propres à ces espaces.

Ces heures d'enregistrements que j'archive et classe, constituent ainsi une partie de matériel. Boulevard Chicago est une pièce radiophonique qui parle de cette pratique de terrain, où dans un contexte précis mon attention a été porté sur des sons ténus.

Mes installations sont très souvent in-situ. Avec le même mode opératoire qui consiste à observer avec attention un environnement. Je tente de révéler le caractère acoustique d'un espace, en écoutant sa propose signature sonore.  Je cherche à redéfinir des modes de perceptions par tous les facteurs liés à l'écoute.

Pour les installations comme Train et Résurgence, la composition est réalisée, les sons sculptés et filtrés dans et avec l'espace d'exposition. Je pense et manipule le son comme figure de l'immatériel, comme image, comme flux électrique, comme ondes mécaniques et comme phénomènes psycho-acoustiques.

Je cherche à générer chez le spectateur des perceptions sensorielles et physiques. Ring et Bell Jar présente des ambiances en tension, des des zones de mémoires, par jeu de lumières, par redimensionnement de l'espace où des machines fonctionnent de manière autonome. Ainsi entre visible et invisible; audible et inaudible je crée des leurres, j'amplifie ce qui nous entoure ou au contraire, je l'occulte totalement.

 

 

 

 
 
« Les friches industrielles ont longtemps hanté les pensées de Diane Blondeau. Pour les avoir parcourues et photographiées, elle en a retenu l’essentiel : une infrastructure invisible. Deux termes à partir desquels elle organise ses recherches et ses travaux. L’infrastructure sont tous les gainages ou autre rails techniques qu’elle multiplie et amplifie ; l’invisibilité est que leur présence n’est soulevée que par leur utilisation comme conducteur d’infrabasse, et par l’absence d’autre œuvre. À la manière d’un leurre, l’installation arrive ainsi à capter le spectateur. Ces jeux de perception reposent également sur les flux. Et en premier lieu le son transporté par l’air, souvent à peine perceptible, capté dans les friches ou ailleurs avant d’être retravaillé et diffusé. Une notion s’impose dans cette œuvre si peu visible, l’infra-mince. Elle est ce filet d’air qui pénètre le silicone d’une cloche isolant sous verre une enceinte qui ne saurait alors fonctionner. Elle est cette multiplicité de nuances d’une photographie surexposée d’un espace qu’un plexiglas vient troubler encore plus en surface. La quête du son n’est peut-être qu’un prétexte pour glisser l’art au cœur du réel et le troubler un instant. »
 
 
« Industrial wasteland has long haunted the thoughts of Diane Blondeau. By criss-crossing and photographing them, she has caught their essence: an invisible infrastructure. Two terms based on which she multiplied and amplifies, is only revealed through its use as a conductor of infrabasses. Like a decoy, the installation manages to capture the speactator. These games of perception are also based on flows. And first and foremost, sound transported by air, often barely perceptible, caught in the wasteland or elsewhere before being reworked and broadcast. A notion imposes itself in this not very visible work : the infra-thin. It is this trickle of air whiwh penetrates the silicon of a cloche insulatinf under glass a loudspeaker which thuse cannot work. It is this host of nuances of an over-exposed photograph of a space which a piece of Plexiglas disturbs even more on the surface. The quest for sound is perhaps just a pretext for slipping art into the core of reality and upsetting it for a plit second. »
 

                                                                                                                                                               Jean-Marc Avrilla